samedi 24 novembre 2012


Habituellement elle aimait bien la journée de l’année ou la neige tombait du ciel pour la première fois. Lorsque le froid se faisait sentir elle espérait arriver à percevoir les premiers flocons tombés du ciel. Parce que c’était lorsqu’ils tombaient qu’ils étaient beau, non pas lorsqu’ils se retrouvaient sur le sol, brun, fondu, sans plus aucune magie. Et les mots qui résonnaient dans sa tête, ‘’c’est tellement beau la première neige quand sa tombe!’’ Elle entendait sa voix qui répétait cette phrase comme s’il se trouvait encore à ses côtés.
Pourtant, le 24 novembre 2012 lui semblait tellement froid, tellement que les quelques premiers flocons de l’année lui paraissaient comme fourbes, comme si la neige essayait d’effacer ce qui s’était passé la veille… Mais tout le monde sait que la première neige ne reste jamais.
Pourquoi il a été décidé un jour que si on aime quelqu’un on doit être fidèle, pourquoi lorsqu’on est amoureux on doit avoir mal si cette personne en aime une autre. C’est vrai, pour n’importe quoi dans la vie, si ce n’était pas de ces règles non formelles, personne n’aurait de chagrin pour des choses aussi banal, des choses qui se font en un clin d’œil, des choses qui arrive à tous les jours.
La veille, alors qu’elle se disait que rien ne pourrait être pire que d’être amoureuse depuis un an d’un homme qui ne lui faisait rien de bon que du mal, elle avait décidé qu’il était temps de tourner la page, en fait il fallait vraiment l’extirper de son livre. Pour continuer à vivre il faut avancer.
Et c’est dehors, dans le froid de la fin novembre, qu’elle l’attendait car il avait quelque chose à lui dire, il fallait qu’ils parlent.
Alors qu’il disait des mots l’un après l’autre et qu’elle n’était pas sur de savoir de quoi il parlait elle remarqua à quel point elle lui aurait tout donné. À quel point elle lui en avait donné aussi déjà. Temps et argent n’était pas un problème lorsqu’il s’agissait de lui. C’est vrai, rien n’était trop beau pour lui, rien n’était suffisant, elle aurait voulu lui donner le monde, elle le lui aurait donné, si il lui avait demandé.
Il gardait ses mains dans ses poches, comme il a l’habitude de le faire lorsqu’il portait son manteau d’hiver. Elle comprit qu’il parlait d’une de ses meilleures amies.
Il regardait le sol, donc même si elle ne pouvait pas voir ses yeux elle pouvait voir le bout de sourcil qui lui marquait, trace sur son visage d’une sois disant explosion après avoir fait l’expérience d’allumer un feu. Elle se rappela à quel point il pouvait être spontané et stupide mais qu’elle aimait ça. Dieu qu’elle aimait ça.
Le bout de son nez commençait surement à être un peu rouge mais parce qu’il faisait sombre et qu’il avait le teint foncé elle ne le remarquait pas.
Son cœur était déjà brisé, il l’avait laissé tomber plusieurs fois et avait marché sur les pièces en plus. Mais malgré tout ça, c’était lui. Ça avait toujours été lui et ça le serait toujours. Elle voulait lui proposer un pacte, si dans 25 ans ils n’étaient pas mariés, ils revenaient l’un vers l’autre.
Puis il se mit à hésiter, les mots n’arrivaient plus à sortir de sa bouche et c’est là qu’elle comprit  qu’il avait fait quelque chose de mal.
Lorsque tu connais quelqu’un jusqu’au bout des doigts et que ton sang arrête d’être projeté dans ton corps tellement ton cœur est sous le choc, lorsque respirer fait mal, que ta tête semble peser dix fois son poids, lorsque cette personne te regarde et prononce les mots qui, tu le sais, sont la pire chose que tu voulais entendre, à ce moment-là, ton monde s’écroule.
Et son monde s’était écroulé.
Les mots ‘’on a couché ensemble’’ semblait être si dur, si affable et surréaliste en même temps. Pourquoi, pourquoi elle, pourquoi eux, pourquoi elle devait avoir à subir ça, mais qu’est-ce qu’elle avait fait pour mériter ça. Si l’air n’entrait plus dans ses poumons et si ses muscles n’arrivaient qu’à tenir son corps debout à l’aide d’un fil, comment était-elle supposer continuer à rester vivante, comment on fait pour continuer à vivre.
Elle se retrouva assise dans son auto, sans trop avoir compris ce qui s’était passé entre la dernière phrase qui lui avait dite et  le moment où elle tournait la clé dans la serrure. C’était quoi cette situation, c’est quoi ce monde, cette vie.
Les larmes qui coulaient sur ses joues n’auraient pas pu être comptés tellement il y en avait, mais elle s’en foutait. Pourquoi deux des personnes qu’elle aimait le plus dans sa vie lui faisait la chose qui, et ils le savaient, l’anéantissait. Quand il en venait à lui elle était la personne la plus perceptible qui soit. Alors pourquoi jouer avec le feu, pourquoi lui faire du mal.
Elle se retrouvait toute seule, dans le froid, a essayé de croire qu’un nouveau début venait de commencer. Mais le mal lui, restera probablement à jamais. As we grow up, we learn that even the one person that wasn't supposed to ever let you down probably will. Albert Camus à déjà dis : "Bénit sont les coeurqui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés" et elle aurait voulu que son coeur en fasse partie. 

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